La Complainte du Partisan

Les Allemands étaient chez moi,
On m’a dit Résigne-toi,
Mais je n’ai pas pu,
Et j’ai repris mon arme.

Personne ne m’a demandé,
D’où je viens et où je vais,
Vous qui le savez,
Effacez mon passage.

J’ai changé cent fois de nom,
J’ai perdu femme et enfants,
Mais j’ai tant d’amis,
Et j’ai la France entière.

Un vieil homme dans un grenier,
Pour un jour nous a cachés,
Les Allemands l’ont pris,
Il est mort sans surprise.

Hier encore nous étions trois,
Il ne reste plus que moi,
Et je tourne en rond,
Dans les prisons des frontières.
Le vent souffle sur les tombes,

La liberté reviendra,
On nous oubliera,
Nous rentrerons dans l’ombre.

Anna Marly, 1943


While you live

While you live, shine
have no grief at all
life exists only for a short while
and time demands an end.

Seikilos epitaph, 1st century AD. Engraved on a tombstone near Aydın, Turkey